WoodLo, des meubles sur-mesure fabriqués en Belgique

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L’histoire de WoodLo commence par la création d’une table basse et d’une table de salle à manger. Plusieurs apéros plus tard et les amis en émoi devant les réalisations, l’idée de proposer d’autres tables commence à prendre de l’ampleur dans la tête de Laurence Le Maire. De nombreuses tables, planches et fauteuils plus tard, j’ai découvert le travail de Laurence et celle-ci a accepté de m’accorder une interview que j’ai le grand plaisir de vous présenter dans cet article.


Retrouvez mon précédent interview avec Mathilde de Plastic Factory : ici.


Studio Cagibi : Tu nous reçois dans ton appartement qui est également un lieu de rendez-vous avec tes clients. Pourquoi ce choix ?

WoodLo: J’ai commencé fin octobre parce que je voyais bien que ma clientèle venait essentiellement de Bruxelles et que pour eux l’atelier qui se trouve près de Liège n’est pas tout près (ndlr. les tables sont fabriquées dans la ferme de ses parents à Faimes). J’ai donc commencé à recevoir sur rendez-vous durant la semaine et tous les samedis après-midi sans rendez-vous (de 14h à 18h). Après Noël 2019, j’ai espacé un peu et je reçois désormais un samedi sur deux. Souvent les gens qui viennent ici sont déjà intéressés par le produit – je n’ai pas pignon sur rue et il faut le savoir.


Même si au début je n’étais pas du tout dans l’optique d’en faire un métier, cela rejoint indirectement l’architecture d’intérieur à laquelle je m’intéresse beaucoup depuis toute petite.


S.C. : D’où t’est venue l’idée de commencer l’aventure WoodLo ?

WoodLo : J’étais en coloc jusqu’à 30 ans et quand je me suis installée dans mon nouvel appartement (ndlr. celui dans lequel Laurence me reçoit), je n’avais pas de meubles. J’ai pris du bois de récupération dans la ferme de mes parents et j’ai fait mes propres table basse et table de salle à manger. Les copains sont venus et ont trouvé ça chouette. Même si au début je n’étais pas du tout dans l’optique d’en faire un métier, cela rejoint indirectement l’architecture d’intérieur à laquelle je m’intéresse beaucoup depuis toute petite.


Ce qui était très important pour moi c’était de connaître le processus pour connaître les contraintes du bois. Le bois est une matière qui bouge perpétuellement.


S.C. : Peux-tu nous raconter un peu comment tu as commencé le lancement de ce projet ?

WoodLo : J’ai donc commencé des cours d’ébénisterie avec des copains tous les mardi soirs. Ce qui était très important pour moi c’était de connaître le processus pour connaître les contraintes du bois. Le bois est une matière qui bouge perpétuellement.
Au fur et à mesure de mes rencontres et de mes discussions, j’ai fini par trouver ma scierie et j’ai deux menuisiers qui travaillent avec moi aujourd’hui. Je dessine la table et les pieds et le ferronnier exécute le travail.
Aujourd’hui je passe une grande partie de mon temps à essayer de développer ma marque (vendre, m’occuper des réseaux sociaux et mon image de marque).

S.C. : Comment as-tu réussi à gérer le fait de devoir t’occuper de tout d’un coup à la création de ta marque ?

WoodLo : Au début j’étais toute seule, maintenant je me fais aider par des copains – je les appelle les Sages. On se voit plusieurs fois par an pour me faire coacher. Ils ont tous des profils différents. Pour les remercier, j’ai donné leur nom à mes meubles, symboliquement.

S.C. : Quelle est la chose que tu valorises le plus dans ce projet (collaborations, éco-production, etc.) ?

WoodLo : Faire en sorte que ce soit 100% belge, je trouve ça vraiment important qu’on connaisse la provenance de chaque matériau – ce qui justifie le prix aussi. Je travaille avec la Société Royale Forestière de Belgique – je me suis engagée cette année à un minimum de 500 arbres plantés. A chaque petite planche vendue, c’est un arbre planté. A chaque grande table : 10 arbres. Pour les plus petits objets (table basse, console, fauteuil, etc.) : 5 arbres. C’est une valeur très importante à mes yeux et une façon pour moi de participer à mon échelle à la préservation de la biodiversité.
Pour développer mon réseau, je réalise en effet des collaborations, principalement avec des petits produits, notamment les planches. J’en ai fait une avec Great Traiteur pour lesquels j’ai réalisé une planche sur-mesure.

S.C. : Comment réussis-tu à t’imposer sur le marché du mobilier en bois ?

WoodLo : J’essaie de m’imposer par l’image que mon produit dégage, c’est-à-dire des réalisations 100% belge, locales, artisanales et sur-mesure. La qualité des matériaux et un travail fait de passion et de rigueur. Des produits authentiques et réalisés sur demande selon les envies de mes clients.

S.C. : Y a-t-il un nouveau type de mobilier que tu aimerais intégrer à ta gamme actuelle ?

WoodLo : En fait, je crée souvent quand j’ai un besoin. Par exemple, j’avais besoin de fauteuils, je me suis dit “pourquoi pas dessiner le mien?“, et si ça plaît à d’autres alors je les vends. J’aimerai bien, plus tard, créer une lampe. On me demande souvent des porte-manteaux, des bancs, des tabourets. J’ai déjà les bancs et les tabourets, mais j’aimerai pouvoir réaliser des tabourets moins chers (max. 150€ le tabouret) mais je n’ai pas encore trouvé LA solution pour diminuer les coûts.

Le banc Charly dans le studio de Laurence. Photo : Studio Cagibi

S.C. : Tu ne proposes pas encore de chaises dans ton offre de produits. Est-ce que c’est en projet ?

WoodLo : Pour le moment je ne fais que des fauteuils. Le développement d’une chaise coûte beaucoup trop cher et je n’ai pas encore trouvé de solution me permettant de les vendre à des prix raisonnables. Aujourd’hui, je présente chez moi des chaises de créateurs : la chaise Titus de Vincent Sheppard, la DC Dining Chair et la Oak Bok d’Ethnicraft et une de chez MENU. Ce sont des créateurs qui restent dans les valeurs éthiques de WoodLo. Je les propose à la vente quand mes clients viennent. La plupart du temps, quand les gens changent de table, ils changent aussi les chaises. Les chaises que j’ai sélectionné vont de 200 à 500€. C’est un budget mais c’est le prix à payer pour un produit de qualité local et éthique.

S.C. : Comment définirais-tu le style de tes produits ?

WoodLo : Authentique, local, artisanal, simple. Minimaliste aussi – j’évite les fioritures, j’aime les choses épurées.

S.C. : Où puises-tu ton inspiration pour la création de tes mobiliers ?

WoodLo : Dans les magazines de déco, Instagram, Pinterest, il n’y a pas vraiment un créateur spécifique. Ce qu’il faut c’est créer sa propre identité. C’est comme quand je faisais des chapeaux, c’était très gai quand on venait me dire “j’étais à un mariage ce week-end et y avait unetelle qui portait ton chapeau“, ce qui veut dire qu’on reconnaissait le style et ça je trouve ça important.


D’être au four et au moulin en même temps, c’est un vrai challenge.


S.C. Quel a été ton plus gros challenge dans cette aventure?

WoodLo : D’être au four et au moulin en même temps, c’est un vrai challenge. Et le fait de vivre de ce que je crée.

S.C. : As-tu des recommandations de créateur.ices, artistes ou initiatives locales qui te plaisent ?

WoodLo : Vu que je touche moins la matière, j’aimerais développer des petits objets. Je suis beaucoup plus attentives aux petits créateurs.
J’aime beaucoup les livres de recettes de Martine Fallon. Actuellement, je lis aussi Becoming de Michèle Obama. Je recommande aussi chaudement les sculptures en bois d’Ariele Alasko!
En cette période particulière, je suis d’autant plus sensible au local, à l’artisanat. Consommer de manière plus responsable et plus éthique.


Le travail de WoodLo est exactement ce que je recherche à faire paraître dans mes articles : des valeurs éthiques cohérentes, raisonnables, un travail précis et minimaliste sans s’adonner à la folie des grandeurs. WoodLo c’est aussi des matériaux de provenance locale, du bois labellisé PEFC et une collaboration à échelle locale pour le reboisement des forêts. En prime, après notre interview, j’ai eu la chance de repartir avec cette superbe planche Lara, que je me suis empressée d’essayer et de photographier sous tous les angles à mon retour chez moi. Un grand merci à Laurence pour son accueil et ses réponses!



Vous êtes également un.e créateur.ice de mobilier ou d’objets de décoration et vous faites de l’environnement une de vos principales préoccupations ? J’accepte les propositions de partenariat et/ou d’interview! N’hésitez pas à m’écrire à info@studiocagibi.com en motivant votre projet et nous pourrons en discuter.


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