La Fourmilière, un lieu à Anderlecht pour boire et s’éduquer

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Qu’y a-t-il de plus beau que de construire un projet hybride autour de ses valeurs ? Espace de coworking, café et lieu culturel où se rencontrent artistes et artisans, La Fourmilière est une oasis au cœur du quartier d’Anderlecht où poussent les idées et les talents. Les propriétaires : Bruno et Robin. Tous deux bercés par le quartier et motivés par un parcours créatif, les deux bruxellois ont monté un endroit qui grouille, partage, s’active et qui propose un contenu collaboratif à côté duquel il est difficile de passer à côté.


Bruno à droite, Robin à gauche derrière leur bar à La Fourmilière. / Tous droits réservés à Lucile Dizier/Studio Cagibi.

Un espace collaboratif

C’est sur une note un peu différente que j’ai décidé d’écrire ce tout nouvel article : ni artisans, ni décorateurs, Robin et Bruno sont deux Anderlechtois (ndlr. de la commune d’Anderlecht, à Bruxelles pour les français) qui ont monté leur propre affaire en Novembre 2018 avec leur ami Allan. D’une volonté de combiner valeurs et passions, les trois amis ont monté La Fourmilière en s’échinant à en faire un lieu de partage éco-responsable.

La Fourmilière a été montée avec l’aide de leurs 85 collaborateurs qui ont mis la main à la pâte pour la rénovation et la mise en lumière du lieu. Aujourd’hui, la coopérative permet à La Fourmilière d’étendre son réseau et de proposer un programme culturel varié et local : ateliers zéro-déchet ou cosmétiques (Nataroma, La Gadoue), expositions d’artistes, concerts et performances (Larrimage, Axel Pleeck).

La coopérative permet d’étendre le réseau pour les événements divers, comme les ateliers zéro déchet ou l’upcycling mais aussi d’articuler un réseau culturel et des gens qui s’y intéressent.

La décoration, l’électricité, la peinture ont été le fruit des compétences des nombreuses personnes qui ont aidé à monter le projet. “L’idée de base était de permettre de rendre le projet plus ouvert et de se servir de la coopérative pour faire fonctionner l’endroit et le faire vivre. Les coopérateurs peuvent organiser des événements, ou donner un coup de main en comptabilité ou en service.”



La coopérative permet d’étendre le réseau pour les événements divers, comme les ateliers zéro déchet ou l’upcycling mais aussi d’articuler un réseau culturel et des gens qui s’y intéressent.


Une décoration upcyclée et chinée

La décoration du lieu a été décidée selon trois axes principaux : les murs blancs pour pouvoir faciliter les expositions, le métal et le bois. Au départ, cette grande terrasse dont les meubles ont été commandé à The Good Stuff Factory (des tables et chaises upcyclées). Lorsqu’on entre dans le lieu, notre regard est attiré par le bar, en métal et bois, entouré de plantes et de bocaux en tout genre. Plus loin, du mobilier de récupération (notamment les canapés et les luminaires) et un grand lustre réalisé par Robin et Bruno à partir de tuyaux en métal et de grandes plantes vertes tombantes.


Le lustre créé de toutes pièces par Bruno et Robin dans la deuxième partie du café. / Tous droits réservés à Lucile Dizier/Studio Cagibi.

Un lieu éco-responsable valorisant le circuit court

Les deux amis, dans une volonté d’ouvrir un lieu responsable de l’environnement, ont décidé de travailler en circuit court. Les producteurs locaux sont au centre de leur sélection de bières spéciales : Brasserie de la Senne, Brussels Beer Project, Brasserie de Marsinne (et leur bière Léopold 7) et bien d’autres encore. Au cœur de leurs préoccupations, le zéro déchet s’est finalement trouvé difficilement ajustable à leur milieu du service : “Certains choix ne vont pas ensemble. On a envie de bosser avec des producteurs locaux et des micro-brasseries. Vu qu’elles sont toutes petites, elles ne peuvent pas se permettre d’avoir un parc à bouteilles“. Les bouteilles se retrouvent donc collectées par la ville de Bruxelles, mais aujourd’hui il est encore difficile de retracer le chemin réalisés par ces bouteilles lorsque celles-ci sont recyclées.


Certains choix ne vont pas ensemble. On a envie de bosser avec des producteurs locaux et des micro-brasseries. Vu qu’elles sont toutes petites, elles ne peuvent pas se permettre d’avoir un parc à bouteilles.


Les cageots de Leopold7 retournés et utilisés comme tabourets sur la terrasse. / Tous droits réservés à Lucile Dizier/Studio Cagibi.

C’est là que se pose le dilemme : doit-on aller se fournir chez des gros producteurs pour favoriser le zéro-déchet ou travailler en circuit court et ne pas être dans le zéro déchet ? Si tu fonctionnes avec Jupiler, Stella Artois, oui c’est consigné mais l’impact sur l’environnement est plus grand.

Bien qu’une dynamique zéro déchet complète soit difficile à implanter dans un tel espace, les efforts du duo bruxellois se remarquent par le peu de déchets générés par leur activité : “quand on regarde les poubelles qu’on a, on a peut-être un sac poubelle maximum par semaine et les trois quarts viennent des gens de l’extérieur.


C’est là que se pose le dilemme : doit-on aller se fournir chez des gros producteurs pour favoriser le zéro-déchet ou travailler en circuit court et ne pas être dans le zéro déchet ?


Un bar de quartier calibré sur ses valeurs environnementales

Le circuit court, le zéro déchet, la collaboration avec le quartier, tout dans la démarche de La Fourmilière nous inspire une vision saine du bar de quartier – le bon mix entre valeurs personnelles et respect du patrimoine actuel. Le café La Fourmilière se distingue des initiatives envahissantes par son originalité et sa volonté de bouger les codes en s’implantant dans un quartier en manque de sorties et d’activités culturelles, sans pour autant imposer une vision unique et inamovible.


Vous êtes prêt.e.s à faire le déplacement ? Alors rendez-vous Rue d’Aumale, 19c à Anderlecht (1070). Vous pouvez aussi soutenir l’initiative en les suivant sur Instagram et Facebook.


Les références


Vous êtes également un.e créateur.ice de mobilier ou d’objets de décoration et vous faites de l’environnement une de vos principales préoccupations ? J’accepte les propositions de partenariat et/ou d’interview! N’hésitez pas à m’écrire à info@studiocagibi.com en motivant votre projet et nous pourrons en discuter.


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